Les textes officiels bio et biodynamiques : pas vraiment végans
Le règlement européen sur l’agriculture biologique (Règlement UE 2018/848, consultable sur europa.eu) dresse la liste des intrants autorisés. Parmi eux, surprise : la gélatine, la caséine, les protéines de lait, l’albumine d’œuf et même… les colles de poisson ! Moralité, un vin bio certifié peut utiliser toutes ces pratiques dès lors qu’elles respectent certains critères (traçabilité, dosage). Tout comme les additifs naturels tels que la bentonite, qui sont, eux, 100 % véganes.
La biodynamie (label Demeter) se démarque surtout sur les pratiques viticoles et le soin du sol, mais côté cave, elle applique… le cahier des charges bio, c’est-à-dire : pas d’exclusion systématique des intrants animaux ! Demeter indique d’ailleurs dans sa documentation officielle que « le choix du collage revient au vigneron ». Mêmes constats chez Biodyvin.
Et la réalité sur le terrain ? La parole aux vignerons
En France, si un peu plus de 10 % des vins bio seraient aussi adaptés au public végan (source : estimation L214, 2023), la plupart du temps par volonté du domaine, rarement pour répondre à une obligation du label.
- De nombreux domaines bio choisissent d’écarter œufs ou gélatine, souvent par philosophie globale ou pour répondre à une demande export (le vin végan progresse vite au Royaume-Uni : +300 % de mentions “vegan” sur les étiquettes de vins entre 2018 et 2022 selon The Vegan Society),
- D’autres continuent, par tradition, goût du profil aromatique, ou absence de pression du marché,
- Et beaucoup ne communiquent même pas sur ce point, laissant le consommateur dans le flou !