Au fond, ce débat révèle une évolution profonde dans notre manière de consommer. La demande d’une production à la fois éthique pour l’humain, pour l’environnement et pour l’animal n’a jamais été aussi forte. Si la bio et la biodynamie ont longtemps incarné le summum du respect du vivant, le véganisme impose désormais un nouveau standard de cohérence.
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La viticulture bio a permis de gigantesques avancées environnementales, en limitant les intrants et en restaurant la vie du sol.
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La biodynamie a considérablement enrichi la biodiversité, notamment faune et flore, mais sans véritable remise en cause de l’instrumentalisation animale.
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Le véganisme invite à repenser toute la filière : et si l’on réduisait aussi la place de l’animal dans l’équilibre agroécologique ? Plusieurs fermes anglo-saxonnes développent des modèles “biocycliques véganes” : compost issus de matières végétales, couverts végétaux, zéro intrant animal (voir ici).
Le marché montre que cette exigence n’est plus marginale : selon la Vegan Society, les achats de vins certifiés vegan ont progressé de 28% en Europe sur la seule période 2021-2023. La France, traditionnellement en retard sur ce point, commence à voir émerger une génération de vigneron·nes qui n’opposent plus bio, nature, et éthique végane – mais qui tentent de tout concilier, parfois contre vents et marées.
Tout cela, au fond, prouve bien que le bio et la biodynamie sont des fondations solides… mais pas des réponses suffisantes pour quiconque veut boire un vin totalement aligné avec les principes du véganisme. À l’heure du “consommer mieux”, ce surcroît d’exigence ne peut qu’obliger la filière à plus de transparence, et encourager la créativité vigneronne. À suivre de très près dans les prochaines années !