Le bio dans le vin : premiers jalons, mais des trous dans les mailles du filet
La certification « vin biologique » fait référence au Règlement européen n°2018/848. Côté vignes, c’est zéro herbicides, zéro pesticides de synthèse, et respect global de la biodiversité. En cave, exit certains additifs chimiques agressifs, dosage restreint du soufre, levures majoritairement naturelles, etc. Mais il y a un "mais".
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Exemples d’intrants d’origine animale autorisés en bio :
- Colles animales (gélatines, caséine, protéines d’œuf) pour la clarification.
- Albumine d’œuf bio pour la stabilisation.
- Lait écrémé bio (de vache !) parfois utilisé pour traiter des défauts comme l’excès de polyphénols.
- Cires d’abeille pour le bouchage de barriques.
En résumé : les vins bios peuvent tout à fait contenir des traces d’œuf, de lait, ou résulter de processus impliquant des substances animales. Ils sont clairement plus propres pour la planète, mais pas toujours irréprochables côté éthique végane !
Biodynamie : une philosophie plus holistique, mais… des cornes et du fumier !
La biodynamie pousse le bouchon plus loin avec une démarche systémique et régénérative (cf. Rudolf Steiner, années 1920). Les labels emblématiques comme Demeter et Biodivin exigent une approche ultra-respectueuse de l’environnement, usage de tisanes, cycles lunaires, compost, enherbement… Sauf que :
- La corne de vache (préparation 500) est l’un des piliers du processus biodynamique : du fumier fermenté dans une corne de vache, pulvérisé en micro-doses sur la vigne.
- Composts à base de crottin, de bouse, parfois d’organes animaux (vessie de cerf pour la préparation 502, intestin de vache pour la 507…)
- Gélatine, albumine, produits laitiers — utilisés comme agents de collage, comme en bio.
Pour les véganes, impossible de valider la biodynamie en l’état, tant l’animal reste au cœur de la philosophie et des pratiques. On peut nuancer l’impact écologique, mais côté éthique végane, la démarche pèche clairement.