Que garantit vraiment le label vin bio ?
En France, la certification “vin biologique” – depuis 2012 – impose le respect d’un cahier des charges à la vigne et au chai. Adieu pesticides et engrais chimiques de synthèse, bonjour levures indigènes et sulfites limités : sur le papier, tout semble très vertueux. Sauf que… rien n’interdit formellement d’utiliser :
- Des produits d’origine animale (albumine d’œuf, gélatine, caséine, colle de poisson) lors de la clarification (collage) du vin
- Du fumier animal ou du compost issu de déjections animales dans les vignes pour en nourrir la terre
D’après la législation européenne (Règlement UE 203/2012 sur la vinification bio), ces pratiques restent autorisées, du moment qu’elles respectent certains seuils et n’emploient pas de produits de synthèse classés dangereux pour la santé et l’environnement.
En chiffres : selon les données de l’INAO et de FranceAgriMer : plus de 125000 hectares de vignobles sont certifiés bio en France début 2023 (près de 21% du vignoble français), mais moins de 6% des vins sur le marché affichent un label végan [IdealWine].
La promesse (ésotérique ?) de la biodynamie
Depuis les années 1920 et Rudolf Steiner, la biodynamie s’est taillée une solide réputation dans la viticulture d’avant-garde. Son principe ? Réharmoniser la vigne avec la “vie cosmique” et le vivant du sol, grâce à des préparations naturelles, l’emploi de fumier, de décoctions de plantes, voire de cornes de vache farcies (évocateur, non ?).
- Les labels phares : Demeter (90% des domaines biodynamiques certifiés en France) et Biodyvin.
- Obligation stricte d’utiliser des préparations animales pour fertiliser ou soigner les sols (corne de vache, bouse, intestins de veau, vessies de cerf, etc.).
- Aucun contrôle sur l’emploi, ou non, de produits animaux lors de la vinification (collage inclus, souvent à base d’albumine ou de gélatine, parfois remplacée par la bentonite mais ce n’est pas obligatoire).
Autrement dit, en biodynamie, même si c’est “plus bio que bio” côté terroir, la reliance au monde animal reste inscrite dans l’ADN même de la démarche. C’est assumé, parfois revendiqué.