Le cas du vignoble : des champs pas si “vegan friendly”
Côté viticulture proprement dite, la norme bio est claire : engrais d’origine animale autorisés, voire encouragés. Pourquoi ? La fertilisation organique, c’est avant tout du fumier ou du compost, issus localement. Même chose (en plus mystique) pour la biodynamie, omniprésence de cornes et de bouses (corne-bouse “501”, préparations à base d’organes animaux…).
La FNAB (Fédération Nationale de l'Agriculture Biologique) estime ainsi que 95 % des exploitations bio françaises utilisent encore des engrais d’origine animale (données 2023). Dans le prestigieux Jura, figurez-vous que les brebis sont aussi mobilisées pour tondre l’herbe entre les rangs — pratique jugée exemplaire sur le plan écologique, mais qui pose question du point de vue végane (source : “Techniques culturales innovantes”, Vinea Jura).
Au chai : collage, filtration, élevage... Attention aux surprises !
La clarification du vin (le fameux collage) est le point où tout part en vrille si l’on cherche un vin parfaitement végane ! Même dans le bio ou la biodynamie, il reste fréquent d’utiliser l’œuf (le traditionnel “colle d’albumine”), la colle de poisson, et parfois… la gélatine.
Le chiffre qui pique : environ 60 à 75 % des vins bio français peuvent contenir ou avoir été clarifiés avec des intrants animaux, selon VegObservatory. Et comme la traçabilité est rarement mentionnée, on patauge dans le doute.
- Le collège œnologique français estime que l'usage du blanc d'œuf est encore courant sur les rouges destinés à l’export, pour leur offrir un éclat plus intense.
- De grands domaines en bio ou biodynamie, même réputés ultra-nature, avouent parfois leur “péché” d’avoir recours à la caséine ou à la colle de poisson (par manque d’alternatives perçues comme équivalentes).