Nul besoin d’être juré chez « Top Chef » ou expert en œnologie pour remarquer qu’en France, dans les rayons vins des grandes surfaces, la mention "vegan" est (très) rare. Pour qui souhaite choisir une bouteille éthique pour un apéritif ou un repas, l’expérience ressemble souvent à une chasse au trésor… sans carte, ni coffre. Mais pourquoi un tel désert ? Regardons ce qui se passe concrètement derrière les linéaires.
D'abord, mettons les pieds dans le vignoble : selon l’ITAB (Institut Technique de l’Agriculture Biologique), le marché du vin bio a explosé ces dix dernières années : +269% en volume entre 2010 et 2020 – mais côté « vegan », la progression est plus discrète. On estime à moins de 2% la part des vins officiellement labellisés végans vendus dans l’Hexagone (source : Vegan France Interpro, 2022). Surtout, il s’agit là de vins qui arborent le logo vegan de la Vegan Society, V-Label ou Expertise Vegan Europe, éléments encore absents chez la majorité des grands producteurs français.
En grande distribution, la priorité reste les produits à forte rotation et au cahier des charges allégé pour maximiser le volume de ventes (voir analyse LSA, 2023). Résultat : pas vraiment d’espace dédié au vin vegan, même dans les enseignes à la pointe comme Monoprix ou Carrefour. On trouve davantage des vins bio, certains natures, mais la traçabilité sur les agents de collage reste globalement floue.
- Carrefour et Leclerc proposent en 2024 quelques références vegan, mais souvent cantonnées à de petits rayons bio ou sans sulfites ajoutés, selon les tests de Que choisir et Vegan France.
- Monoprix affiche de temps à autre le logo vegan sur ses étiquettes mais la lisibilité en magasin n’est pas garantie.
- Même en province ou dans les hypermarchés, pas de miracle : l’offre vegan reste ultra marginale (moins de 0,2% du rayon vins selon UFC-Que Choisir, 2023).
Et quand il existe une offre vegan, difficile de vérifier sur place la méthode de clarification : la réglementation n’oblige pas le producteur à détailler sur l’étiquette s’il a eu recours à de l’albumine (blanc d’œuf), de la gélatine ou… des alternatives végétales.