Les défenseurs du terroir : gardiens d’un savoir-faire ou résistance au changement ?
Beaucoup de sommeliers et oenologues de la vieille école crient à l’hérésie. Pour eux, refuser d’utiliser des techniques éprouvées depuis des siècles (comme le blanc d’œuf pour le collage des grands crus bordelais) c’est « sacrifier la tradition à la mode du moment » (source : L’Union des Œnologues de France, 2021).
Pourtant, selon le Professeur Jean-Michel Deiss (vigneron en Alsace, reconnu pour ses prises de position sur l’universalité du vin), « la tradition n’est pas un dogme immuable, c’est une évolution permanente » (La Vigne, 2020).
- De grands châteaux bordelais (ex : Château Pontet-Canet, 5e Grand Cru Classé) sont passés au collage à base de pois ou de bentonite sans que leur identité ne s’en trouve trahie.
- 30 % des caves françaises affirment aujourd’hui « ne plus faire systématiquement de collage » selon une enquête Vin & Société (2023).
Les technologues du vin : entre innovation et adaptation écologique
Les consultants en œnologie et maîtres de chai voient dans la clarification végane une avancée, non une rupture. L’œnologue Pascal Chatonnet rappelle dans Revue des Œnologues (2022) que « les bentonites, protéines végétales, voire la fluidification naturelle grâce à la maîtrise du temps de décantation, ont prouvé leur efficacité, tout en limitant les risques d’allergènes ».
Du côté des consommateurs, la prise de conscience est réelle : une étude SOWINE/SSI 2023 indique que 15 % des jeunes adultes français cherchent activement des vins certifiés véganes lors de leurs achats.