ACCORDER LE VIN ROSÉ ET LES LÉGUMES

ET SI ON PARLAIT DU ROSÉ
L’été arrive, et bien souvent il apporte avec lui l’envie de longs repas accompagnés d’un verre de vin rosé bien frais.

C’est une chose étrange que ce réflexe forcément bien récent au regard de l’évolution humaine et qui semble pourtant si profondément ancré dans nos têtes occidentales. Avouons-le : nous sommes souvent quelque peu déçus par la faiblesse de l’intérêt gustatif de ce type de vin (voire par leur excès d’acidité fort déplaisant pour l’estomac), mais nous y revenons sans cesse. Car, finalement, le plaisir qu’il procure n’est pas du même ordre que le vin rouge ou le vin blanc. Il ne s’agit pas d’apprécier une robe, de goûter le terroir mais de partager un frais moment estival.

N’allez pas en conclure qu’il n’existe pas de bons vins rosés. Ce serait une extrapolation hâtive.
Pour bien comprendre pourquoi l’on ne peut avoir les mêmes exigences gustatives envers ce vin qu’envers ses deux cousins, il faut revenir sur la façon dont il est produit.

Pour le dire simplement, le vin rosé est un vin issu de raisins noirs vinifiés en blanc. Dès la récolte, les raisins sont pressés assez rapidement. Contrairement au vin rouge, on ne laisse pas les grains entiers macérer plusieurs jours (ce qui permet aux peaux de donner leur couleur aux jus, aux tannins de se transférer et aux arômes de commencer à se développer). Ce qui explique la coloration légère du vin rosé.
Ensuite, le temps d’élevage est également généralement cours, une certaine complexité aromatique n’a donc pas le temps de s’installer.
Enfin, il est possible de mélanger raisins noirs et raisins blancs.

On distingue deux types de rosé : vous aurez peut-être remarqué sur certaines étiquettes la mention « rosé de saignée ». Il s’agit de l’une des façons de faire du vin rosé. L’autre, implicite, est le vin rosé de pressurage. Les schémas ci-après vous présentent la distinction.


Ce qu’il faut retenir c’est que dans le cas du rosé de saigné, on laisse les raisins entiers macérer quelques heures, donc les peaux ont le temps de transférer un peu de leur couleur au jus. Alors que dans le cas du rosé de pressurage, les raisins sont quasi-immédiatement pressés.

La région Champagne est la seule région autorisée à réaliser des vins rosés par mélange de vins rouges et de vins blancs ; c’est ce que l’on appelle le coupage.

 

ACCORDS DE QUELQUES CÉPAGES DE VINS ROSÉS
Quelques fruits viennent s’ajouter à cette rubrique habituellement dédiée aux seuls légumes car impossible de laisser passer la saison estivale sans parler de fraises et autres cerises.

 

GamayMalbecMerlotPinot noir
BananeAbricotCarotteBetterave
CeriseCarotteCassisConcombre
FigueFraiseCeriseFramboise
PanaisPamplemousse roseFramboiseMelon
PommeOignonPruneRaisin
PoireauTomateTomate

 

Enfin, globalement, les vins rosés, quels que soient les cépages concernés, apprécient la cuisine pimentée.

 

ET MAINTENANT LA PRATIQUE AVEC DES VINS RÉFÉRENCÉS SUR VIN-VÉGÉTALIENS.COM

Cerises
Vin Rosé MERLOT 2017 – Domaine Attilon
Merlot
Clafoutis aux cerises

L’Or du Sud rosé – Les vignobles Foncalieu
Syrah
Chutney de cerises

Concombres
Rosé d’Alsace – Domaine Gisselbrecht
Pinot noir
Salade grecque à la feta végétale

Bourgogne rosé – Les Vignerons de Mancey
Pinot noir
Soupe fraîche concombre et basilic

Melon
Fiefs vendéens Mareuil rosé – Vignobles Mourat
Pinot noir, gamay, cabernet franc, sauvignon
Gaspacho de melon au piment d’Espelette

Le rosé des copains – Maîtres vignerons de Saint Tropez
Grenache noir, rolle, syrah
Carpaccio melon, concombre et basilic

Tomates
Ça chat rose – Maison Jean Pla
Grenache noir
Burger aux graines de sésame, sauce tomate au basilic et pommes de terre sautées

Riviera – Domaine Estello
Grenache noir, cinsault, syrah, mourvèdre
Tarte aux tomates

 

Article par Claire Brachet (Double V – Vin & Végétal) – 15 Mai 2018.